Camille Saint-Saëns (1835-1921)

Enfant prodige

Camille Saint-Saëns est issu d’une famille de cultivateur. Il naît le 9 octobre 1835 à Paris. Son père, fonctionnaire et poète, meurt de maladie quelques temps après sa naissance. Il est alors élevé par une mère artiste et sa grand-tante qui lui donne ses premiers cours de piano. À seulement trois ans,

Camille montre des dons précoces pour la musique, il compose déjà de petites pièces pour piano et joue sans difficulté des sonates de Mozart et de Haydn.

Concertiste à dix ans !

En mai 1846, Camille donne son premier concert à la salle Pleyel. Il joue tout de mémoire : Mozart, Beethoven, Bach, Haendel et Hummel. Ce concert est un immense succès, la presse voit en lui « l’émule de Mozart ». L’année suivante, il est invité à se produire aux Tuileries devant la duchesse d’Orléans. Commence alors pour lui une véritable carrière de concertiste.

Un musicien complet

En 1848, Camille a treize ans et intègre le conservatoire où il suit des cours d’orgue, de théorie et de composition. En 1851, il devient l’élève de Jacques Fromental Halévy en composition et commence à forger son propre langage musical. À dix-huit ans, Saint-Saëns est nommé à l’orgue Saint-Merry de Paris puis à la Madeleine, une des églises les plus en vue de Paris. Il y restera pendant vingt ans. C’est là que Liszt entendra ses brillantes improvisations et le saluera comme « le premier organiste du monde »


Le voyageur

Il poursuit également sa carrière de pianiste et donne plusieurs récitals et concerts en tournée en France, en Allemagne, en Angleterre, en Belgique et jusqu’à Saint-Pétersbourg où il joue devant la cour impériale de Russie.

Un compositeur français

Aujourd’hui, Camille Saint-Saëns est célèbre pour ses nombreuses compositions dont les plus jouées sont le Carnaval des Animaux, la Danse Macabre ou la Symphonie n°3. Il a abordé tous les genres. Malgré deux échecs au Prix de Rome, il est reconnu par ses pairs comme une éminente personnalité musicale. Saint-Saëns se consacre également à l’enseignement et compte parmi ses élèves des compositeurs tels que Gabriel Fauré, Henri Duparc ou Emmanuel Chabrier. Il défend de plus en plus une musique française face à l’engouement du public pour la musique allemande et notamment celle de Richard Wagner. Pour promouvoir cette musique française, Saint-Saëns participe à la création en 1871 de la Société Nationale de Musique.

Une gloire internationale

Saint-Saëns est élu à l’Académie des Beaux-arts et promu officier de la Légion d’Honneur. À partir de 1885, il entreprend des tournées de concerts triomphales dans le monde entier.

Marqué par la mort de ses deux jeunes fils et affaibli par une santé fragile, Saint-Saëns se réfugie de plus en plus souvent en Algérie, sa destination favorite. Il continue toutefois ses multiples activités en publiant des articles et des ouvrages. Il donne son dernier récital et son dernier concert en tant que chef en 1921 et clôt une grande carrière virtuose, compositeur et chef d’orchestre qui a duré soixante-quinze ans.